La région des Grands Lacs
La géographie et l’ingéniosité humaine se sont conjuguées
pour créer l’impressionnante voie d’eau intérieure du
Saint-Laurent et des Grands Lacs. Cette artère de 3 700 kilomètres relie
le centre industriel de l’Amérique du Nord au reste du monde. Le
long de cette route, se trouvent quinze grands ports internationaux et environ
cinquante ports de plus petite taille qui alimentent les échanges commerciaux
du pays.
La région des Grands Lacs est la plus fortement peuplée au Canada;
des millions de personnes vivent à proximité de cette route de transport
maritime essentielle. En fait, les navires de charge expliquent en partie la présence
de la population dans ce corridor : on estime que le réseau des Grand
Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent soutient quelque 115 000 emplois
directs et indirects au Canada et aux États-Unis.
Il est vital pour l’économie nord-américaine que le trafic
maritime sur cette voie d’eau se déroule sans incidents. Même
un incident relativement mineur pourrait avoir un impact majeur sur cette route
stratégique. Une collision avec une porte d’écluse, une installation
d’accostage, ou l’appui d’un pont pourrait restreindre sérieusement
l’activité commerciale dans la région environnante, compromettant
du coup le gagne-pain de ses résidents. En 1985, la fermeture d’une
écluse du canal Welland a interrompu le trafic maritime pendant deux semaines,
un problème qui aurait des répercussions encore plus sérieuses
aujourd’hui, alors que de nombreuses entreprises de la région ont
adopté une stratégie de gestion des stocks « juste à
temps ». Les conséquences ne se limitent pas purement localement,
mais se répercutent dans l’ensemble de la zone industrielle.
Certaines cargaisons qui traversent cette région densément peuplée
nécessitent une manutention délicate. Au cours d’une année,
un peu moins de deux millions de tonnes de produits pétroliers et chimiques
passent par la Voie maritime et les Grands Lacs. Une collision ou l’échouement
d’un navire transportant de tels produits pourrait causer de sérieux
dommages à l’environnement. En 1990, un bateau transportant des produits
pétroliers à explosé sur la rivière Saginaw, tuant
une personne, en blessant plusieurs autres et déversant des milliers de
gallons de pétrole.
Plusieurs municipalités et industries tirent leur eau potable des mêmes
cours d’eau que ceux empruntés par les navires de transport. Les
plaisanciers sont de fervents utilisateurs des lacs, alimentant tout un autre
secteur d’activité économique. L’énorme écosystème
des Grand Lacs subit déjà un énorme stress – que ce
soient des polluants, des espèces envahissantes telles que la moule zébrée,
et ou les demandes en eau. Il importe donc que la navigation n’ajoute pas
à ces pressions.
Le fond des Grands Lacs est jonché de carcasses de navires qui ont été
surpris par les violentes tempêtes qui s’abattent de façon
imprévisible sur la région. Occupant le centre de la masse continentale
de l’Amérique du Nord, c’est la région où entrent
en collision les grands systèmes météorologiques qui prennent
naissance dans les parties méridionales et septentrionales du continent
et sur les deux côtes. De plus, les Grands Lacs ont eux-mêmes une
superficie suffisante pour engendrer leurs propres systèmes météorologiques,
les écarts de température entre l’eau et l’air engendrant
alors des perturbations atmosphériques. En outre, les fluctuations du niveau
d’eau modifient sensiblement le profil de risque des dangers submergés,
tels que les rochers ou les hauts-fonds.
La navigation sur les Grands Lacs pose de nombreux défis. L’expertise
et les connaissances locales acquises par les quelque 50 pilotes maritimes canadiens
de la région contribuent à protéger les importants mouvements
de biens essentiels à la vitalité de notre économie, tout
en aidant à protéger des vies et l’environnement.
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