La région des Laurentides
Depuis des siècles, le fleuve Saint-Laurent – incluant son affluent,
la rivière Saguenay – joue un rôle fondamental dans la vie
économique du Canada. Aujourd’hui, il demeure un axe de transport
vital, sur lequel transite une foule de navires commerciaux de tous genres et
de tous usages. Cela inclut des vraquiers remplis de minerai ou de grain; des
navires-citernes transportant du pétrole et autres carburants; des porte-conteneurs
chargés d’une multitude de biens de consommation, incluant des produits
destinés à la population en général ou à usage
industriel et même, parfois, des matières nucléaires. On y
rencontre aussi des navires de croisière, d’autres servant aux excursions
touristiques, des traversiers pour le transport de passagers et de véhicules,
des bateaux de pêche ainsi qu’un grand nombre d’embarcations
de plaisance.
Le défi d’assurer que tout ce trafic se déplace de manière
efficace et, surtout, sécuritaire est rendu complexe en raison des nombreux
risques et dangers pour la navigation que présente le fleuve lui-même
et de la gamme de conditions météorologiques survenant au cours
de l’année. Ainsi, les marées peuvent dépasser six
mètres, les courants sont forts et multidirectionnels, les hauts-fonds
sont nombreux et la visibilité est souvent limitée de manière
importante, particulièrement en hiver, alors que la glace accroît
encore davantage les dangers.
Si le trafic sur le Saint-Laurent ne s’effectuait pas de manière
sécuritaire, les conséquences pourraient être dramatiques.
Non seulement y aurait-il des dommages aux navires, à leurs cargaisons
ou aux ponts et autres infrastructures, sans mentionner la perte possible de vies
humaines, mais un arrêt du trafic maritime serait aussi de nature à
créer d’importantes perturbations quant à l’activité
économique régionale, nationale ou même continentale. De plus,
il ne faut pas oublier que le Saint-Laurent est la source d’eau potable
de dizaines de communautés riveraines; un accident maritime impliquant
des navires transportant des cargaisons dangereuses et toxiques ou la déchirure
de soutes à carburant pourrait avoir des répercussions désastreuses
sur le bien-être d’un grand nombre de riverains. Enfin, le dommage,
possiblement irréparable, aux fragiles écosystèmes du fleuve
et de ses berges et la destruction des habitats d’une faune qui est riche
et variée serait aussi une perte incalculable.
Dès lors, on comprend aisément pourquoi le pilotage est obligatoire
sur presque tout le fleuve. La présence de pilotes expérimentés,
possédant une connaissance intime des eaux locales, est essentielle pour
assurer la sécurité des passages. Les pilotes œuvrant sur le
Saint-Laurent doivent également maîtriser le français, une
obligation que la plupart des capitaines des navires ne rencontrent pas. Cette
obligation contribue à assurer la sécurité de la navigation
car les échanges sur le fleuve, entre les navires et avec les embarcations
de plaisance, sont en français. Cette maîtrise est donc indispensable
pour être à même d’apprécier les dangers potentiels
et d’y répondre de manière appropriée
Les quelque 200 pilotes du Saint-Laurent ont une longue tradition, axée sur la fiabilité du service, qui remonte jusqu’au régime français. Leur réputation n’est plus à faire, tant en ce qui à trait à leur excellence professionnelle qu’aux mesures proactives qu’ils prennent afin de sans cesse accroître la sécurité et l’efficacité du trafic maritime sur le fleuve. Cette volonté de se surpasser est illustrée par diverses initiatives tel le récent établissement, à Québec, d’un centre d’entraînement sur simulateur d’envergure internationale et dont sont propriétaires les pilotes, ainsi que par l’amélioration continue des pratiques de pilotage qui a permis d’augmenter la fluidité de la navigation hivernale jusqu’à Montréal de même que la venue de navires de plus grandes dimensions pour une même largeur de chenal.
Pour plus d’information à propos du pilotage maritime sur le fleuve Saint-Laurent, veuillez aussi consulter les sites de la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent, de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent Central ainsi que de la Corporation des Pilotes du Fleuve et de la Voie maritime du Saint-Laurent. |