La région du Pacifique
Les eaux côtières souvent dangereuses de la Colombie-Britannique
et la voie achalandée du fleuve Fraser sont sillonnées en tout temps
par de nombreux navires. Principal lieu de transit des échanges sans cesse
croissants du Canada avec l’Asie, les ports de la Colombie-Britannique enregistrent
un trafic maritime de plus en plus lourd. Les pilotes jouent un rôle clé
en veillant à ce que les navires circulent en toute sécurité
dans cet environnement souvent congestionné.
La côte de la Colombie-Britannique s’étend sur des milliers
de kilomètres et la plus grande partie du littoral est fortement accidentée,
engendrant une variabilité considérable des conditions locales,
alors que les marées et les vents s’engouffrent dans les nombreux
détroits et passages qu’on y trouve. Durant les tempêtes hivernales,
qui peuvent durer plusieurs jours, les vents peuvent s’élever de
façon impressionnante. Il n’est pas rare que des coups de vents atteignent
100 nœuds – trois fois la force d’une bourrasque – sans
compter les imprévisibles vents de « Squamish ».
Comme on l’a si bien surnommée, la « côte humide »
enregistre entre 10 et 20 jours de précipitations durant la plupart des
mois, dissimulant ainsi les dangers pour la navigation derrière un rideau
de pluie ou de neige; de plus, d’épais brouillards peuvent aussi
réduire presque à zéro la visibilité.
Devant de tels défis, les pilotes doivent régulièrement miser
sur leurs connaissances des eaux locales pour guider les vraquiers, les pétroliers,
les navires de croisière et bien d’autres bateaux qui sillonnent
ces eaux. Leur périple les conduit tout le long du littoral du Pacifique,
dans les ports côtiers, autour de l’Île de Vancouver et des
îles du golfe, et dans le fleuve Fraser.
Les résidents de la côte ouest connaissent bien les risques inhérents
au déplacement des navires chargés de pétrole ou de produits
chimiques sur les routes maritimes avoisinantes. En Alaska, le naufrage de l’Exxon
Valdez a coûté des milliards de dollars en dommages et en frais de
nettoyage. Étant donné les conditions de la navigation côtière,
on estime qu’une semblable nappe de pétrole près des côtes
de la Colombie-Britannique pourrait se répandre sur quelque quarante kilomètres
en six heures.
Même une collision moins grave ou un échouement mineur pourrait causer
des dommages importants. Une collision qui rendrait inutilisable le quai d’une
usine de pâte pourrait ralentir l’activité économique
de toute une ville. Une collision entre un gros navire et l’une des culées
d’un pont de Vancouver pourrait fortement gêner le trafic des véhicules
et des navires, engendrant de sérieuses perturbations.
La sécurité sur les eaux de la Colombie-Britannique n’a pas
seulement une dimension environnementale et économique. Certains ports
manutentionnent une variété de composés volatils à
faible proximité. Ainsi, d’importantes quantités de produits
chimiques, de pétrole liquéfié et de matières explosives
transitent au port de Prince Rupert. Une collision portuaire impliquant l’une
de ces cargaisons pourrait avoir des conséquences désastreuses tant
pour les personnes qui se trouvent à bord que pour celles vivant dans les
localités environnantes.
En Colombie-Britannique, environ 120 pilotes sont affectés à l’un
ou l’autre des deux districts désignés : le long de la
côte ou sur le fleuve Fraser. Le défi de naviguer de façon
sécuritaire n’est pas facile, mais le professionnalisme et l’ardeur
au travail des pilotes font en sorte que les trajets sont menés à
terme de manière sécuritaire et efficace.
Pour plus d’information à propos du pilotage maritime en Colombie-Britannique, veuillez aussi consulter les sites des B.C. Coast Pilots ainsi que des Fraser River pilots.
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